Trames et noeuds entrelaçant le sud au nord, le nord au sud - Tramas y nudos entrelazando el sur al norte, el norte al sur

samedi 17 novembre 2012

En bref: associations ou entreprises coloniales?

Les ong et autres associations sociales destinées à accompagner les immigrés dans leur processus d'intégration -c'est-à-dire la grande majorité des associations bruxelloises- sont-elles les nouvelles administrations coloniales contemporaines?
L'alphabétisation  - mais surtout le regard occidental porté sur les immigrés comme non-lettrés, non-alphabétisés, non-scolarisés qui en est indissociable- n'a-t-il pas tout du discours civilisateur porté sur les colonisés tout au long de l'histoire?
Le terme même de "formateur", utilisé en éducation permanente et dans toutes les associations d'éducation d'adultes, n'évoque-t-elle pas  l'idée même de mise en forme, de "formatage"... des corps et des esprits, des comportements et des pensées des immigrés.
"Il faut" est sans doute l'expression la plus fréquemment énoncée par les apprenants en alphabétisation lors des sessions de formation:  "il faut s'inscrire à Actiris", "il faut s'inscrire à l'office des étrangers", "il faut manger des fruits et les légumes frais", "il faut trier les déchets", "il faut parler français", "il faut avoir un titre de séjour"...
Le "parcours d'intégration", discuté actuellement à Bruxelles, sera nous dit-on un parcours "d'accueil": mais de quel accueil parle-t-on lorsque les paroles de bienvenues ne sont données que sous la forme d'injonctions et de conditionnement: "il faut... sinon".
Dompter les corps et les esprits... n'était-ce justement pas cela l'entreprise coloniale...
Pourquoi les ongs de développement ne font-elles pas appel aux milliers de résidents africains ou asiatiques sans emplois en Belgique pour comprendre, accompagner ou piloter les projets qu'elles soutiennent dans le sud?
Pourquoi ne pas valoriser les compétences d'organisation des familles immigrées pour mettre en place les projets citoyens des quartiers et des communes?
Pourquoi ne pas partir des connaissances des immigrés sur leur langue, leur pays, leur culture pour construire avec eux une compréhension plurielle du monde d'aujourd'hui?





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