Trames et noeuds entrelaçant le sud au nord, le nord au sud - Tramas y nudos entrelazando el sur al norte, el norte al sur

dimanche 9 décembre 2012

Le don des immigrés: redonner du sens aux Européens?

Depuis le mois de septembre je suis "bénévole alpha en cours du soir". Cela signifie que j'accompagne un groupe d'apprenants alpha, deux heures par semaine, de 19h00 a 21h00.

Je voudrais faire rapidement quelques commentaires sur le sens du bénévolat, car ne sont pas toujours bénévoles ceux qui pensent l'être.

Les bénévoles de l'association où je travaille ont fait un petit bilan du premier trimestre. Ce qui en ressort: une expérience humaine. incomparable, "fantastique", "c'est très enrichissant humainement"... Le bénévolat est à remettre en question dans beaucoup d'aspects, mais une chose est sûre: nous sommes ici face à un don des apprenants à leurs formateurs: l'occasion de pouvoir donner d'eux-mêmes pour participer au maintien d'une certaine humanité, dans une société où, crises obligent, l'individu devient de plus en plus sollicité au détriment du "collectif". D'une certaine façon, les apprenants mauritaniens, guinéens ou marocains, permettent aux formateurs de se sentir plus humains, plus au service de l'humanité.

Ceci n'est pas sans me rappeler une expérience dont j'ai pris connaissance récemment. Un projet d'accueil pour personnes en difficulté psychologique: ce sont des hommes PEULS immigrés qui reçoivent dans leur foyer de la "communauté du Vivier" des Belges qui ne veulent plus aller dans des structures d'accueil classiques.
http://www.syfia.info/index.php5?view=articles&action=voir&idArticle=1156

Récemment, un jeune étudiant d'anthropologie de Liège me parlait d'une association qui envoyait des jeunes Belges en réhabilitation dans des villages africains, où ils retissent des liens sociaux à partir d'activités productives quotidiennes qu'ils partagent avec les villageois.

Mais que proposent ces villageois africains aux Européens, que l'Europe n'est pas en mesure de leur donner?  Comment est-il possible que malgré les centaines de structures d'accueil, les formations de tout genre aujourd'hui disponibles sur le marché professionnel  ou  les milliards d'euros engagés dans des associations et des projets sociaux, les pays européens ne soient pas en mesure de satisfaire les demandes plus affectives, psychologiques ou existentielles de leurs populations? N'y a-t-il pas ici une véritable coopération du sud au nord, insoupçonnée et silencieuse, car enfouie dans l'intimité des liens sociaux?


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