vendredi 9 février 2018

L'esprit de la couque (1) Réciprocité et accueil des migrant.e.s: un lien est-il possible?

Depuis 2015, le Parc Maximilien est le lieu de rencontres quotidiennes entre personnes migrantes et des familles qui résident en Belgique, en particulier dans la région bruxelloise, mais pas seulement. Les premières proviennent de différents pays. En 2015, il s'agissait avant tout de Syrien.ne.s qui fuyaient la guerre qui sévissait dans leur pays. Aujourd'hui, la majorité des demandeurs d'asile en Belgique proviennent de Syrie, d'Irak et d'Afghanistan, même si leur nombre a fortement diminué de 2015 à 2016 (en 2016, 5.325 personnes pour un total de 14.670 demandeurs d'asile, alors qu'ils étaient plus de 27.000 en 2015). Les autres personnes qui demandent l'asile aujourd'hui proviennent principalement de Somalie, de Guinée, de Turquie, d'Albanie, du Congo, de Russe, d'Erythrée, du Burundi, de l'Iran, du Cameroun et du Kosovo. Avec le démantellement du camp de Calais (La jungle de Calais), de nombreux Soudanais, Erythréens, Egyptiens, entre autres, qui attendaient un moyen de passer au Royaume Unis depuis le Nord de la France, sont arrivés à Bruxelles, à partir de l'été 2017. La majorité d'entre eux ne demandent pas l'asile, car ils comptent parvenir au Royaume Uni. Depuis 2015, mais plus encore à partir de l'été 2017, de nombreuses familles belges ou étrangères accueillent ces visiteurs. Parmi les volontaires qui proposent des repas au Parc Maximilien, on compte des familles de toutes origines, des belges mais aussi des étrangers, des anciens demandeurs d'asile ou des exilés d'une autre époque (des années 1970, par exemple, en provenance d'Amérique du Sud). Face aux politiques gouvernementales qui tentent de renvoyer chez eux ces nouveaux venus, des familles ont décidé de s'organiser et de les héberger pour une ou plusieurs nuits. De plus, depuis quelques semaines, un hébergement est assuré au Centre de Haren *Centre Porte d'Ulysse*, prévu au départ pour 80 personnes, mais qui reçoit parfois jusque 150 personnes. C'est la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés *BXLRefugiees* qui coordonne la majorité des associations et des volontaires qui interviennent au Parc Maximilien ou au Centre de Haren. Dans ces différentes notes, je voudrais analyser ce que représente ce soutien "citoyen" qui essaie d'assurer des actions que les autorités publiques et leurs organismes d'aide sociale ne mènent pas. Critiquée pour "ne faire que renforcer le système au lieu de le contester", ou encore d' "être en train de faire ce qui est du ressort du Samu" et donc de déresponsabiliser l'Etat de ses obligations humanitaires minimales, je me suis quand même engagée dans un collectif qui offre des petits déjeuners à l'Office des étrangers (Parc Maximilien) et au centre de Haren, plusieurs jours par semaine. C'est de cette expérience, et des réflexions qu'elle me suggère, dont je voudrais parler dans ces pages...

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